Gabrielle Piquet

  • La mécanique du sage

    Gabrielle Piquet

    • Atrabile
    • 17 Janvier 2020

    Edimbourg, début du XXe siècle. Charles Hamilton a tout pour être heureux: un confort financier qui le met à l'abri du besoin, des nuits bien remplies et des journées oisives juste ce qu'il faut. Et pourtant, après la fête, c'est la descente. Victime de troubles de l'humeur, de hauts et de bas, Charles Hamilton se sent en alternance. Déçu par l'amour, Charles est néanmoins père d'une petite Sophia, mais ne voit pas là de quoi combler ce vide existentiel qui l'habite. Ce qu'il lui faudrait c'est un exemple - un maître, un sage, là, au fond de son jardin.
    En s'inspirant de l'histoire (réelle) de Charles Hamilton et de son « ermite ornemental », Gabrielle Piquet traque des maux bien modernes - recherche d'un bien-être perpétuel, positivisme à tout crin - et nous interroge sur cette dictature du bonheur qui voudrait éradiquer de nos vies toute forme d'aspérité, comme si la vie ne pouvait, ne devait être que réjouissance et béatitude.
    On retrouve dans La Mécanique du Sage toutes les qualités qui faisaient déjà le charme de La Nuit du Misothrope: un dessin aux influences retro tout en élégance, une écriture mélodieuse d'une grande finesse, avec en prime une touche d'ironie et un humour pince-sans-rire du plus bel effet.

  • A l'approche du 4 août, la terreur s'empare du quartier, car tous les habitants savent que la mystérieuse malédiction va inexorablement s'abattre : chaque année, durant la nuit du 4 au 5 août « quelqu'un » va disparaître. Les précédentes victimes avaient toutes quelque chose en commun, une particularité, un « défaut de caractère » qui en faisaient des exclus, ou des « invisibles » comme les appellent Josepha.
    Josepha, c'est le rayon de soleil du coin ; sans relâche et avec abnégation, elle fait sa « tournée », apporte le journal, boit un café, et tente à tout prix de créer du lien et de n'oublier personne. Mais le 4 août approche... Avec son parfum doux-amer et son atmosphère mélancolique, La Nuit du Misothrope ne se veut pas un «polar» et d'enquête ici il n'est pas question, et le petit monde mis en scène dans ces pages nous interroge bien plus sur des notions comme l'exclusion, la solitude et le dévouement que sur la recherche d'un éventuel coupable.
    Après une poignée d'albums aussi remarqués que remarquables, Gabrielle Piquet vient faire un petit tour chez Atrabile avec un livre où l'auteure s'est pour ainsi dire réinventée : narration et écriture sont toujours d'une aussi grande finesse, mais le trait lui, s'aventure désormais sur d'autres terrains, d'autres versants; loin de toute chapelle, Gabrielle Piquet trace sa route sans se soucier des modes et des tendances, avec toujours autant d'élégance et de sensibilité.

  • Achille et Adrien sont frères; Achille est un ancien « enragé de la mer » qui ne la prend plus depuis vingt ans. Il veille sur Adrien, considéré comme « l'idiot du village », qui, sans lui, n'aurait sans doute ni gîte ni couvert. Depuis l'adolescence, Adrien raconte à qui veut l'entendre qu'il entend des voix et qu'il reçoit souvent la visite de morts, notamment de marins perdus en mer, et souffre de ne pas être cru. Il arrive souvent qu'Achille se lève la nuit et trouve son frère assis dans la cuisine, en pleine conversation avec un soi-disant être invisible. Au village, on est habitué à sa folie, il n'est pas méchant, sauf avec les enfants, qui le lui rendent bien. Il continue de raconter ses histoires de revenants. Achille et Boris son médecin, sont convaincus que toutes ces « fantaisies » sont une façon de fuir certaines choses et qu'elles cesseront le jour où Adrien se décidera à parler de l'Algérie, des choses terribles qu'il a sans doute vécu là-bas. De son côté, Achille était marin pêcheur. Il a un jour prêté son bateau L'Agathe, à une famille de touristes, mais le bateau n'est jamais revenu. Aujourd'hui, cela fait vingt ans jour pour jour que L'Agathe a disparu, Achille est un peu fragile et Adrien, comme chaque année à la même époque, lui déclare que bientôt son bateau reviendra, que c'est l'âme d'un marin qui est venu le lui annoncer.

  • Trois fois un

    Gabrielle Piquet

    Après La Boîte noire transposé en bande dessinée et au cinéma, ce sont trois autres nouvelles de Tonino Benacquista, tirées du recueil Tout à l'ego, qui sont aujourd'hui adaptées par une jeune dessinatrice au talent plus que prometteur.

  • « Pour compenser mon défaut, Dieu m'a fait cadeau de l'écriture et de la poésie. C'est grâce à ces dons que je m'élèverai parmi les hommes. » Malingre et souvent malade durant son enfance, Arnold a lu la plupart des livres de la bibliothèque de son père et, déjà mûr pour son jeune âge, ambitionne de devenir écrivain. Marginale et solitaire comme lui, une orpheline de l'école primaire elle aussi très mûre, Rose, l'encourage dans cette voie.
    Rapprochés par le rejet dont ils sont victimes l'un et l'autre, les deux enfants deviennent très complices, puis inséparables. Devenus adultes, ils prennent ensemble le chemin de la grande ville, qui porte encore les stigmates de la guerre récente. Sur place, Arnold trouve un travail d'employé, mais ne renonce pas pour autant à ses rêves littéraires.

  • Laon, 1999. Basile est un homme ordinaire, entre deux âges et esseulé, qui vit encore avec sa mère retraitée. Employé à l'état civil à la mairie, il partage son temps libre entre son atelier de peinture, ses tentatives (infructueuses) pour trouver une compagne via une agencematrimoniale et, surtout, la méditation sur ses origines. Le père que Basile n'a jamais connu, en effet, serait un Américain dont il ne subsiste que le prénom, Henry, autrefois soldat à la grande base militaire U.S. toute proche, et démantelée depuis. Or le maire de Laon organise une grande soirée de vétérans, où sont invités tous les anciens de la base américaine. Henry sera-t-il du nombre ?

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