VINCENT SOREL

  • L'ours

    Vincent Sorel

    Un petit village de montagne, en hiver.
    Barnabé, le bûcheron, est tué par un ours. Ce dernier le dépouille de sa peau, s'en revêt et adopte également les habits du défunt. Quand il pénètre dans le village, personne ne remarque la substitution.
    Cependant l'ours manifeste rapidement une vive attirance pour les villageoises, qui ne sont pas non plus insensibles à sa mâle puissance. Il en résulte que les hommes sont cocufiés l'un après l'autre.
    Personnage mutique et taciturne, le faux Barnabé devient le révélateur de conflits longtemps tus, auxquels il ne comprend pas grand-chose. La tension s'exacerbe au sein de la petite communauté rurale, et l'ours, inévitablement, servira de bouc émissaire.

  • D'où l'on réalise que le temps des seigneurs, des chevaliers et des paysans est aussi le temps des moines et que l'Église est généralement aux commandes. Où l'on doit bien reconnaître que l'éléction d'Hugues Capet n'a pas fait la France et passa presque inaperçue... Voilà l'aventure à laquelle vous convie un preux chevalier que rien n'impressionne, et surtout pas les légendes noires ou dorées qui obscurcissent notre mythologie nationale des temps féodaux.

  • Avec ses chevaliers, ses troubadours et ses monstres étonnants, la société féodale des Xe-XIIe siècles présente un visage à la fois étrange et familier. Époque chaotique ? Nullement, constatent les auteurs, qui consultent princes et princesses, seigneurs et paysans, moines et abbés pour comprendre ces temps trop mal connus. Ils découvrent alors une société très ordonnée. Tandis que l'Église lance sa plus grande réforme depuis l'Antiquité, les monastères se multiplient comme des petits pains. Pendant que les hommes de guerre se retrouvent sur les champs de bataille, sur la route de Jérusalem et dans leurs douillets châteaux, les paysans triment, harassés de corvées et de taxes en tous genres. Et les femmes ? Ce sont les hommes d'Église, très bien renseignés, qui en parlent le plus...

  • Jeu de détournement graphique, la collection Panorama invite des duos de dessinateurs à revisiter des chefs-d'oeuvre de l'histoire de l'art, pour parler en image du monde d'aujourd'hui. Pour chaque image, au recto et au verso, les deux dessinateurs interviennent en mélangeant leurs graphismes. Panorama n°3 : Benjamin Adam et Vincent Sorel ont choisi neuf oeuvres du peintre britannique David Hockney, né en 1937. La première série décrit une vie californienne rêvée, à l'aube des années soixante-dix, où se mélangent fantasmes et éléments autobiographiques. La deuxième, réalisée au début des années deux mille, est une déclinaison de paysages. Des impressions de lieux au fil des saisons, où l'homme n'apparait pas. Les deux dessinateurs se sont inspirés de cette opposition pour construire leurs images. Le recto et le verso se répondent et révèlent avec un humour tragique le prix de nos inconséquences.

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