Glenat

  • L'incroyable histoire vraie de l'arme la plus effroyable jamais créée.

    Le 6 août 1945, une bombe atomique ravage Hiroshima. Des dizaines de milliers de personnes sont instantanément pulvérisées. Et le monde entier découvre, horrifié, l'existence de la bombe atomique, première arme de destruction massive. Mais dans quel contexte, comment et par qui cet instrument de mort a-t-il pu être développé ?

    Véritable saga de 450 pages, ce roman graphique raconte les coulisses et les personnages-clés de cet événement historique qui, en 2020, commémore son 75e anniversaire. Des mines d'uranium du Katanga jusqu'au Japon, en passant par l'Allemagne, la Norvège, l'URSS et le Nouveau-Mexique, c'est une succession de faits incroyables mais vrais qui se sont ainsi déroulés.

    Tous ceux-ci sont ici racontés à hauteur d'hommes : qu'ils soient décideurs politiques (Roosevelt, Truman), scientifiques passés à la postérité (Einstein, Oppenheimer, Fermi...) ou acteurs majeurs demeurés méconnus, tels Leó Szilàrd (le personnage principal de cet album, un scientifique qui remua ciel et terre pour que les USA développent la bombe, puis fit l'impossible pour qu'ils ne l'utilisent jamais), Ebb Cade (un ouvrier afro-américain auquel on injecta à son insu du plutonium pour en étudier l'effet sur la santé) ou Leslie Groves (le général qui dirigea d'une main de fer le Projet Manhattan) - sans oublier, bien sûr, les habitants et la ville d'Hiroshima, reconstituée dans La Bombe de manière authentique.

    Extrêmement documenté mais avant tout passionnant, comparable en cela à la série TV Chernobyl, cet ouvrage s'impose déjà comme le livre de référence sur l'histoire de la bombe atomique.

  • Une course poursuite contre le temps perdu...

    Que feriez-vous si d'un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu'un jour sur deux ? C'est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d'une vingtaine d'années qui, sans qu'il n'en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu'un jour entier vient de s'écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n'a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l'alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s'évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

    Au-delà d'un récit fantastique totalement prenant, Ces Jours qui disparaissent, roman graphique en couleurs de 200 pages à la personnalité très marquée, pose des questions fortes sur l'identité, la dualité de l'être et le rapport entre le corps et l'esprit. Tout du long, le lecteur se demande si Lubin disparait vraiment ou s'il est atteint de schizophrénie. Évidemment, le jeune et talentueux Timothé Le Boucher, qui signe ici son troisième ouvrage, se garde bien d'y répondre... Et si ce personnage qui en chasse un autre était tout simplement l'homme adulte qui, petit à petit, chasse l'enfant qui est en lui ?

  • Underground ; grandes prêtresses du son et rockers maudits Nouv.

    La bible de la musique indépendante !
    Ces hommes et ces femmes ne sont pas connus du grand public et pourtant, leurs oeuvres ont bouleversé l'histoire de la musique. Pour remettre sur le devant de la scène des artistes dont la popularité n'égale pas l'influence, Arnaud Le Gouëfflec et Nicolas Moog nous content les histoires de ces fabuleux créateurs. Parmi eux, (re)découvrez le génie sensible et maniaco-dépressif Daniel Johnston, la reine péruvienne de l'exotica Yma Sumac, l'improbable SDF aveugle Moondog, les chineurs classieux de The Cramps, la légendaire Patti Smith et tellement d'autres... Véritable bible illustrée de la scène musicale underground, cette anthologie de 50 récits biographiques invite à découvrir des maestros méconnus, géniteurs de chefs d'oeuvres sous-écoutés. Destiné aux érudits comme aux simples curieux, Underground parvient par ses nombreuses anecdotes et son sens du récit à ouvrir les portes d'incroyables mondes personnels et sonores. Plus important encore - car sens premier de l'ouvrage finalement - ces pages vous donneront envie d'aller plus loin et d'écouter tous ces trésors oubliés.

  • À quoi bon se souvenir qu'on a vécu l'enfer ?

    La police arrête une jeune fille errant dans la rue, couverte de sang, un couteau à la main. En se rendant chez elle, les agents découvrent avec effroi une scène de massacre : toute sa famille a été assassinée... 6 ans plus tard, Pierre Grimaud, l'unique survivant du « massacre de la rue des Corneilles », se réveille d'un profond coma. L'adolescent de 15 ans qu'il était au moment des faits est aujourd'hui un jeune homme de 21 ans. Désorienté, encore paralysé et souffrant d'amnésie partielle, il est pris en charge par le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée sur les questions de criminologie et de victimologie. Pendant leurs séances, Anna tente de l'amener à se souvenir des circonstances du drame, malgré ses pertes de mémoire. Pierre lui évoque la présence mystérieuse d'un « homme en noir » qui hante ses rêves, probable réponse inconsciente à son traumatisme. Après plusieurs rendez-vous, Anna découvre en Pierre un être sensible et très intelligent. Touchée par son histoire, elle se met même à le prendre en affection. Petit à petit, une véritable complicité s'installe entre eux. Anna n'imagine pas à quel point ce patient va changer sa vie...

    Après le remarqué Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher revient avec un ouvrage témoignant une nouvelle fois de sa science narrative exemplaire. S'inscrivant dans une veine plus réaliste, Le Patient est un thriller psychologique prenant et surprenant, laissant entrevoir quelques-uns des thèmes de prédilection de l'auteur : le rapport à l'autre, la notion du « temps », de l'identité et de la mémoire.

  • Approcher la mort. Découvrir la vérité.

    À 15 ans, alors qu'il intègre le prestigieux club de rugby de Bordeaux, Julien voit son avenir devant lui tout tracé : il sera rugbyman professionnel. Mais une violente chute au cours d'un match lui fait perdre connaissance et vivre une expérience de mort imminente (EMI : sensation de décorporation suivie d'un état modifié de conscience, parfois consécutive à un état de mort clinique) qui le met sur la piste d'un lourd secret de famille. Revenu de cette expérience bouleversante aux frontières de la vie, il demande à ses proches qui est l'homme qui l'a accueilli au seuil de la mort. Ce dernier dit s'appeler Paul et lui livre un glaçant secret de famille. Entre l'incrédulité des soignants, qui ne voient là qu'un simple épisode hallucinatoire, et le violent déni que ses proches lui opposent, Julien entreprend de soulever une chape de plomb que son père - tyran domestique - maintenait hermétiquement fermée sur le clan familial depuis des années. Lorsque l'Invisible frappe à notre porte il a le pouvoir de faire éclater la vérité, nous rendre notre intégrité et nous réinventer.

    En associant habilement le drame familial à la thématique des expériences de mort imminente, Eric Liberge signe en solo un puissant et passionnant récit. Une fiction dans laquelle les recherches pointues sur les effets médicaux et psychanalytiques des EMI servent une histoire captivante.

  • L'esprit de la forêt incarné.
    La jungle. Ses immenses étendues, son climat tropical, ses si nombreux coins isolés aménagés par une végétation toujours plus dense... Dans cette humide et épaisse forêt, le cadre et l'atmosphère poussent à l'intimité. Niala, pendant féminin de Tarzan, en incarne l'esprit et y transmet avec patience et générosité sa maxime : le plaisir est le plus beau des remèdes, la solution à tous les différends, un délice qui éclaire les esprits et jamais ne doit générer la honte... Cette leçon, elle la tient des Bonobos à qui elle doit son éducation. Dorénavant, elle profite à tous et notamment aux occidentaux qui, en pleine époque coloniale, risquent leurs vies et s'aventurent dans cette contrée si éloignée de leurs us, coutumes et foyers. Tous ces colonisateurs, qu'ils soient hommes et femmes de Dieu, aventuriers ou aventurières... grâce à Niala, ils peuvent s'oublier. Avec un naturel qui réussit à les décontenancer, ils réalisent l'éventail des possibilités qu'offrent les distractions du corps quand l'esprit s'échappe de ses habitudes et de ses préjugés...
    Avant tout hommage aux BD d'aventures décomplexées des années 50, Niala réalise le prodige de les dévergonder. Ce recueil d'histoires courtes coquines de Jean-Christophe Deveney, illustré par la virtuosité de Christian Rossi, réussit à fondre en un seul objet sensualité, aventure, humour et sagesse. Niala est un ouvrage pénétrant où les idées les plus belles se révèlent dans la beauté de corps entremêlés.

  • Une plongée vertigineuse dans le monde des informateurs de la police.

    Père modèle mais sans emploi, Goran Stankovic accepte un job véreux, se fait arrêter et n'a d'autre choix que de collaborer en devenant « indic' ». Coincé entre truands et police, dans un monde de manipulations, Goran va devoir jouer un double jeu périlleux pour s'en sortir.

    Coécrit par Mark Eacersall, scénariste venu de l'audiovisuel, et Henri Scala, pseudonyme derrière lequel se cache un commissaire passé par des services d'investigation prestigieux, GoSt111 est autant un polar haletant qu'une plongée vertigineuse dans le monde méconnu des informateurs de la police. Un récit noir ciselé et hyperréaliste, transcendé par le trait expressif de Marion Mousse.

  • Une des plus incroyables odyssées humaines de l'Histoire a eu lieu il y a un peu plus de 220 ans. Environ 1 500 hommes et femmes ont été déportés, entassés à bord de 11 navires, parcourant plus de 24 000 km sur trois océans. Ils étaient des bagnards, des forçats, des condamnés... le rebut de l'Angleterre ! On les a envoyés à l'autre bout du monde, dans un pays qui n'existait pas encore. Aller sans retour vers l'enfer ou chance inespérée d'une nouvelle vie ? Plus rien ne sera comme avant autour de ce nouveau monde, issu d'une terre ancestrale que les habitants d'origine appelaient Bandaiyan...

  • L'odyssée Terra Australis n'était qu'un début...

    Ils étaient militaires, bagnards, forçats, condamnés... le rebut de l'Angleterre. Ils n'avaient pas d'avenir, on leur en a offert un de force : une vie sur les lointains et hostiles territoires de la « Terra Australis. » Aujourd'hui, plusieurs années ont passé. Des colonies se sont établies, mais l'équilibre y est plus que précaire. Les agressions sont nombreuses, les pendaisons fréquentes, la maladie et la famine impitoyables. Sous les yeux hagards des premiers habitants de ces terres, c'est un nouveau monde qui se construit. Un autre qui disparaît.

    5 ans après Terra Australis, LF Bollée et Philippe Nicloux donnent une suite tout aussi brillante à leur odyssée historique. Le récit incroyable mais vrai de la création de l'Australie.

  • La vie d'un écrivain. Le combat d'un homme.

    Né en 1840, Émile Zola n'est pas seulement l'un des plus grands écrivains du panthéon français. C'est également l'auteur d'une vie engagée, à l'image de son oeuvre. De son enfance à Aix-en-Provence, élevé seul par sa mère dès l'âge de 7 ans, il nourrit très vite une aversion pour l'injustice sociale et un besoin de la dénoncer par les mots. Ses premiers succès littéraires le placent alors, logiquement, comme le chef de file des naturalistes. Émile Zola raconte le vrai monde, il prend la défense des faibles, des peintres et des poètes ; il pourfend le second Empire, l'ordre moral de Thiers. Zola n'est pas qu'un écrivain, c'est un combattant. Et c'est alors que l'auteur assiste, horrifié, au calvaire judiciaire du capitaine Dreyfus que le versant politique de son oeuvre prend une toute autre dimension...
    Centré sur la vie d'Émile Zola et son implication dans l'affaire Dreyfus, ce passionnant roman graphique, écrit par Jean-Charles Chapuzet et dessiné à quatre mains par Vincent Gravé (story-board) et Christophe Girard (story-board, dessin et couleurs), nous plonge avec force dans les années mouvementées du second Empire pour mieux percevoir, derrière la vie de l'écrivain mythique, le combat de l'homme.

  • Certains ont peur d'aimer. D'autres aiment avoir peur.

    Jeune homme peu sûr de lui, Thomas est immédiatement séduit par la puissance physique et spirituelle de Fred. Avec ce nouvel amant, il se découvre, apprend de nouvelles choses sur sa sexualité. Mais il fait surtout la connaissance indirecte de celui qui fut son ex et modèle : Alex. Un être à la beauté surnaturelle, aussi lumineux physiquement que sombre psychiquement, dont le portrait orne les murs du loft de Fred et qui a aujourd'hui mystérieusement disparu. Qui était Alex et pourquoi Fred était-il aussi fou de lui ? Qu'a-t-il bien pu lui arriver ? Peu à peu, Thomas va devenir obnubilé par l'image d'Alex, essayant d'élucider les mystères qui l'entourent. Des mystères qui l'effrayent et l'excitent à la fois...

    À travers toute la fougue de cette relation passionnelle, Hubert et Paul Burckel signent un thriller domestique haletant, moderne et original. Alors que Le Bleu est une couleur chaude avait su capter l'essence intime des relations lesbiennes, La Nuit mange le jour offre aujourd'hui une exploration sans précédent dans les faces sombres de la psyché de l'homosexualité masculine. Une plongée captivante et toute en tension à l'intérieur des personnages et de leurs désirs, dans la veine de L'Inconnu du lac d'Alain Guiraudie ou de L'Empire des sens d'Oshima.

  • La vie, c'est pas comme dans les bandes dessinées.

    Zola est auteur de BD. Enfin, disons qu'il aimerait bien... Mais les projets qu'il soumet aux toutes puissantes éditions Chatterbooks, unique maison d'édition de Chattertown où il travaille comme manutentionnaire, sont systématiquement refusés. Pour tout dire, ici on est plus enclin à faire prospérer leur poule aux oeufs d'or, les aventures d'Hyperclébard le super-héros, qu'à accepter les oeuvres intimistes de jeunes auteurs en herbe. Mais un jour, alors qu'il travaille dans le jardin de sa mère, Zola sauve un bourdon de la noyade. Il n'imaginait pas que ce geste anodin allait peut-être changer sa vie à tout jamais. Métamorphosé en super-héros, Zola le « Roi des bourdons » va alors devenir le rival dans la vraie vie d'Hyperclébard...

    Le Roi des bourdons est autant une aventure loufoque qu'un récit de super-héros décalé et une critique en creux du milieu de l'édition de bande dessinée. De son dessin animalier et son sens du dialogue percutant, l'auteur de La Proie parvient à brosser quantité de sujets fondamentaux avec une légèreté coutumière. Deshumanisation de la société, désillusions professionnelles, acceptation du deuil ou conformisme sociétal sont ainsi passés au crible avec une sensible touche d'humour et une bonne dose de tendresse. S'il avait d'abord publié Le Roi des bourdons en 6 petits volumes autoédités, David de Thuin a décidé, pour cet ouvrage exceptionnel, de réécrire et redessiner intégralement cette histoire en un seul volume.

  • La folie n'est qu'affaire de perspective.

    En 1937, Antonin Artaud est arrêté en Irlande pour trouble à l'ordre public puis débarqué en France. Dans un état de confusion mentale avancée, sujets à de fréquents accès de crises, l'asile et l'internement seront dès lors son lot quotidien, pendant plus de 9 ans. Mais si l'art a toujours été et restera l'ultime échappatoire des douleurs qui le rongent intérieurement, Antonin Artaud ne se remettra jamais vraiment de cet état de fait, malgré le soutien de ses amis artistes. La faute à un encadrement médical inefficace ou de mauvaises conditions d'internement ? Reste aux lecteurs une oeuvre immense du Théâtre de la cruauté à sa participation comme acteur dans La Passion de Jeanne d'Arc de Carl Theodor Dreyer où résident sans doute les clés d'un monde intérieur trop intense pour le carcan de la réalité.
    Poète, écrivain, dramaturge, figure du surréalisme, Antonin Artaud est un auteur essentiel du paysage culturel français, considéré par Gilles Deleuze comme la « profondeur absolue en littérature ». Ce très beau roman graphique nous ouvre autant sur la personnalité torturée de cet artiste hors norme qu'il offre un portrait édifiant des conditions de traitement de la maladie mentale au début du XXe siècle.

  • Quand la BD frôle les frontières de l'intime...

    Francine R. est arrêtée avec sa soeur par la Gestapo à Pouilly-sous-Charlieu, dans la Loire, le 6 avril 1944, pour les faits de résistance de leur frère Joannès. De là, elles partiront dans un convoi de femmes puis elles seront séparées : sa soeur expédiée en camps de travail à Hanovre ; Francine à celui de Wattenstedt dans les usines d'armement Herman Göring. Tout au long de son parcours, rien ne lui sera épargné : frappes dès son arrestation par la Gestapo, humiliations continues, trajets en train dans un wagon à bestiaux, accueil par des chiens loups sur le quai de la gare du camp de concentration, expérience médicale, déshabillage des morts, pillage des vivants, travail forcé... Mais aussi, la permanence de l'espoir de sortir vivant de cet enfer, la lumière de deux hommes, un français et un algérien croisés à Wattenstedt, le sabotage du travail à la chaine, l'émotion à la libération du camp, la première nuit dans un vrai lit, le 14 juillet de la libération à Paris.
    Francine a évoqué tout cela en détail à Boris Golzio dans un long entretien. Longtemps resté avec cette matière entre les mains, l'auteur décide aujourd'hui de retranscrire cette parole dans un récit de bande dessinée dont le dessin se fait le plus neutre et naïf possible afin de rendre l'horreur supportable. Un récit où le texte n'est composé que par la voix de Francine, dans son langage à elle, brut, fait d'hésitations, de répétitions et de tremblements, afin de respecter la vérité ontologique de ses propos et de rendre compte de la meilleure manière possible ce que fut la vie de cette femme. Une résistante, déportée, parmi des milliers d'autres, mais dont chaque voix, chaque parole est unique et doit être sauvée de l'oubli.

  • Blaise t.1

    Planchon

    Ceci n'est pas un livre innocent. Même si le héros, lui, l'est. Mais plus pour longtemps, au vu de ce que sont devenus tous les adultes qui l'entourent : des personnages peu recommandables, assurément.

    Dans une société où le pire semble être devenu l'ordinaire, où la guerre et la dictature rôdent, s'installant dans l'indifférence générale, ce héros tétanisé fait son apprentissage.

    L'humour grinçant se grime de couleurs vives, le subversif est ici subtil, le dérangé, camouflé derrière le canapé du salon. Tout de suite, devant la passivité de Blaise, sa soumission impuissante à une existence visiblement si vaine, on rit.

    Mais c'est de nous-même - méfions-nous.

  • À New York, il est presque impossible de marcher, de rouler, de nager, de pratiquer un sport, de s'asseoir ou même de dormir sans utiliser la création d'un certain Robert Moses, véritable équivalent new-yorkais du baron Haussmann. De 1930 à 1970, cet architecte va littéralement transformer le visage de la Grande Pomme en construisant quelques-unes de ses structures les plus célèbres comme le pont de Verrazano. Grand urbaniste, il créera également de nombreuses aires de jeux, des piscines ou des écoles et bâtira 150 000 logements, remplaçant ainsi ceux qu'il avait fait détruire pour dégager de soi-disant taudis et faire passer ses routes... Car par ses grands travaux, Moses deviendra un homme controversé, faisant peu de cas des populations défavorisées et des minorités en se rendant notamment responsable de la « ségrégation invisible ».
    Dans cet élégant roman graphique, le célèbre Pierre Christin, passionné d'architecture, choisit de nous raconter le destin de ce personnage hors norme mais encore méconnu en France, qui fut pourtant l'un des principaux maîtres d'oeuvre de la plus célèbre ville du monde. La ligne claire revisitée d'Olivier Balez se révèle dans le style architectural, restituant à merveille la grande New York et ses structures majestueuses.

  • Les ennemis de la liberté ne se cachent plus...Bruxelles, le 20 février 1898. Alors que la grande cantatrice Maria Schitzberg chante Wagner au théâtre de la Monnaie, Dirk Vansaul, industriel financeur du Bund des socialistes juifs en Russie, est assassiné dans sa loge d'une aiguille dans la nuque. Le crime est signé : « avec les compliments du groupe Teufel ». Alors qu'en France, Zola encourt la prison pour avoir osé défendre Dreyfus, un militaire juif, les ennemis de la liberté, portés par le vent de l'Histoire, ne se cachent même plus... Beauté noire et Prospero savent désormais qui affronter. Reste à déterminer comment.Découvrez la conclusion du premier cycle de Beauté noire et le groupe Prospero, relecture post-moderne de la BD d'aventure sur le théâtre de la grande histoire, portée par une ligne claire d'une rare élégance.

  • Suspense diabolique et humour noir !

    Joachim Overbeck, Maître Helvétius, Léonora Von Stock, Monsieur de Saint Loup... Ces personnages ont vécu à des périodes différentes du XIXe et du XXe siècle. Le lien entre eux est une étrange bague, qui offre à celui qui la porte la compagnie d'un esprit malin. Malin, pas dans le sens diabolique, mais futé ! Il fait le lien entre ses possesseurs, qui ont tous été des intellectuels hors du commun : l'un a construit un golem, un autre a soigné un prince grâce à la psychanalyse naissante...

    Première collaboration des désormais incontournables Hubert et Tanquerelle (ici accompagné au dessin par Benjamin Bachelier), Le Legs de l'Alchimiste est une série fantasque où les aventures ésotériques sont toujours liées aux sursauts de l'Histoire. Un bijou occulte injustement méconnu où l'on se délecte de tout : des personnages attachants, des dialogues savoureux servis par un dessin expressif, nerveux et sombre. À relire d'une traite, grâce à cette édition intégrale grand format !

  • Impitoyables, mais pour la bonne cause !

    Fin du XIXe siècle. Alors que Paris a encore du mal à cicatriser des plaies de la Commune, un attentat se prépare contre l'écrivain Émile Zola. Son crime ? Avoir osé défendre le capitaine Alfred Dreyfus dans son célèbre texte « J'accuse ». Heureusement pour lui, dans cette Europe secouée par le fascisme, l'antisémitisme et les débuts de l'anarchisme, un groupe secret de marginaux lutte pour défendre les victimes des persécuteurs. Elle est noire, ils sont juifs, métèques ou saltimbanques. Et pour punir les ennemis de la liberté, ils n'ont pas peur de se montrer aussi cruels qu'eux. Ensemble, ils ne font qu'un. Ils sont le groupe Prospero.

    Pour leur première collaboration, Noël Simsolo et Olivier Balez nous offrent une série d'action au rythme implacable portée par une troupe de héros charismatiques et loin des stéréotypes. Plus qu'un hommage, une véritable relecture post-moderne de la BD d'aventure sur le théâtre de la grande histoire, portée par une ligne claire d'une rare élégance. Un premier récit en deux tomes.

  • Le chef-d'oeuvre de Stefan Zweig, version eighties.

    L'épouse d'un membre de la haute société s'enfuit avec un jeune homme qu'elle n'a rencontré qu'un jour auparavant. L'occasion pour une femme âgée de revenir sur un épisode similaire de sa vie : une journée qui avait changé le cours de son existence... Tout le monde ou presque connaît l'intrigue de 24 heures de la vie d'une femme : ce récit d'une passion foudroyante, brève et aiguë, l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de Stefan Zweig.

    Aujourd'hui, Nicolas Otero adapte en roman graphique ce grand classique de la littérature en le transposant dans le Las Vegas des années 1980. L'auteur de Confessions d'un enragé parvient avec talent à restituer la puissance littéraire de l'oeuvre originale tout en y apportant une vraie dimension cinématographique par un jeu de lumières et de cadrages très inspiré des grands cinéaste hollywoodiens de l'époque - Brian De Palma et Francis Ford Coppola en tête.

  • Blaise t.3

    Dimitri Planchon

    Ça nous pendait au nez : la France est devenue un Empire belliqueux, se battant sur tous les fronts pour rétablir ses colonies. L'icône Dabi Doubane est mort, l'état liberticide a les coudées franches : on pourrait croire que les masques politiques une fois tombés, un vent de révolte pourrait enfin se lever dans les coeurs ! Mais non, Blaise et ses parents sont toujours enfermés dans leur égoïsme, leur courte vue et leur jalousie. Blaise est maintenant presque un soldat, qui, malheureusement pour tout le monde, tient beaucoup de ses parents. Carole et Jacques se sont séparés, et s'observent de loin pour vérifier que l'autre est plus malheureux. Dimitri Planchon revient avec un opus 3 salutaire, avec un chapitre dédié à chacune des membres de cette piteuse famille, qui nous ressemble un peu trop.

  • Blaise t.2

    Dimitri Planchon

    L'adolescence, contrairement à ce que promeuvent certains clichés romanesques, n'est pas l'âge de la rébellion et de la liberté. Il est surtout celui de l'adhésion à la masse. Et quelle masse ! Blaise revient, et Blaise est toujours victime de la mauvaise foi et de la bêtise. La société et ses parents font de Blaise un type pas très recommandable, mais en attendant, il nous fait rire et c'est le principal.Les collages de Dimitri Planchon font mouche, notamment parce qu'à notre corps défendant on s'y reconnaît un peu trop souvent...Laissez-vous sonner par cette série dont le premier opus, première pépite de la collection 1000 Feuilles, avait reçu un excellent accueil.

  • Girls don't cry

    Nine Antico

    Les filles sont toutes différentes, et toutes pareilles. Elles veulent être originales, mais malgré leurs efforts finissent par se ressembler. Incarnations de la fraîcheur et de la jeunesse, elles se complaisent parfois dans une mélancolique indolence qui leur donne un peu de sérieux au milieu d'une déferlante de futilités.Avec cet album d'histoires courtes, la talentueuse Nine Antico scrute de près les émois de la vie de jeunes adolescentes parisiennes. Elle oscille entre tendresse et cruauté, entre trait art nouveau et motifs contemporains. Et nous, on suit sans hésiter son inexorable ascension dans le coeur des chroniqueurs de magazines branchés, et des teenagers à lunettes Wayfarer. Nine Antico, c'est déjà une icône de la nouvelle génération, notamment depuis son album à l'Association, Coney Island Baby.

  • Humour noir mais pensée lumineuse !
    Dans le monde de l'éternel repos, les ayant-étés vivent dans immeubles taillés dans d'immenses visages de pierre dignes de l'île de Pâques, au sein d'une cité lugubre nichée sur les berges du Styx. C'est dans ce monde sombre et étrange que notre narrateur le lecteur reconnaîtra sans peine l'alter-ego de Jean-Paul Sartre nous emmène pour un voyage aux frontières des idées et de l'existentialisme. On y croise Nietzsche qui parle comme Zarathoustra, Dante pas vraiment divinement comique et tout un tas de créatures que n'aurait pas renié son enfer. On rit (un peu) et on philosophe (beaucoup) en refaisant le monde aux côtés des grands de ce monde, entre petites chroniques du quotidien décalées et profondes réflexions philosophicomiques.
    Auteur génial mais injustement méconnu, l'immense Philippe Foerster (Le Confesseur sauvage) nous livre un nouveau monument de cet humour absurde dont lui seul a le secret. Aussi expressionniste par le dessin qu'existentialiste par la pensée, il s'amuse de la comédie humaine et nous permet de rire de nous-mêmes.

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